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Imprimantes 3D : l’avis des pros

Culture Evénement s’intéresse de près à l’avènement technologique des imprimantes 3D. En effet, dans un article précédent intitulé, « Imprimante 3D, la révolution de l’internet des objets », on vous faisait part des attraits de la machine pour le secteur événementiel.  Mais aujourd’hui, soucieux de collecter des avis d’experts, nous laissons la parole à deux pionniers du secteur, FabZat et D33D, pour que vous puissiez vous faire une idée des possibilités infinies de l’impression 3D.

FabZat est une Start Up Bordelaise lancée en Octobre 2013 qui conçoit des produits dérivés pour jeux vidéo.  Nous sommes donc allés rencontrer Florent Pitoun, CEO, co-fondateur de FabZat, et pionnier de l’utilisation de des imprimantes 3D. Il nous a immergés dans l’univers du jeu et fait vivre un moment riche en innovations !

imprimante 3D

Notre deuxième rencontre avec D33D, association spécialisée dans l’impression 3D, le design et les imprimantes 3D, nous a démontré le potentiel des imprimantes 3D en tant que machine-outil et non comme unique outil de bureautique.

imprimante 3D

Restitution de nos rencontres ci-dessous :

Culture Evénement : Pouvez-vous nous présenter l’entreprise et vos motivations à vous lancer dans les imprimantes 3D et l’impression 3D ?

FabZat : L’un des objectifs à la création de FabZat était de voir qu’avec les imprimantes 3D, il était possible de fabriquer des objets de qualité finie, comme ceux que l’on retrouve dans les supermarchés.

C.E : Pour cela, qu’est-ce qu’il faut ?

FabZat : Tout d’abord un fichier 3D, en général créé par des professionnels, car sa conception est très complexe. Une autre approche existante consiste à mettre en place une plateforme sur laquelle les professionnels devront mettre leurs fichiers à disposition du grand public, qui sera ensuite téléchargeable et imprimable. C’est notamment la stratégie employée par Shapeways, le leader de l’impression 3D généraliste. Mais cette méthode est toujours assez complexe.

« Il existe en effet une affinité naturelle entre l’univers des jeux vidéo et les figurines »

Florent Pitoun et son associé Mathieu Saint-Denis, tous deux issus de l’univers des jeux, se sont alors dit qu’il fallait proposer au marché un service grand public, là où les objets 3D sont les plus nombreux : les jeux vidéo, car « Il existe en effet une affinité naturelle entre l’univers des jeux vidéo et les figurines ». FabZat propose donc un service grand public ludique et personnalisé grâce aux imprimantes 3D.

D33D : Notre motivation, c’était d’être à la pointe des nouvelles technologies et de répondre à un besoin clair : une fabrication locale, rapide, démultipliée et fiable.

Loin de cette politique de l’obsolescence programmée imposée par les géants du secteur technologique, D33D revendique la durabilité des produits fabriqués et leur traçabilité. Le tout est désormais possible avec l’impression 3D.

D33D : On adore faire de la veille sur les nouvelles technologies, ça nous permet de répondre à toutes les attentes. Et ensuite on teste, oui parce que c’est en essayant et en parlant qu’on trouve des idées ingénieuses. Notre boulot consiste à créer des expériences quotidiennes en repoussant toujours plus loin le champ d’utilisation des imprimantes 3D.

C.E. : Autour de combien de personnes votre entreprise d’impression 3D s’articule ? 

FabZat : En interne nous sommes huit. En externe nous comptons quatorze éditeurs de jeux et une bonne soixantaine sont en train de tester notre service. La phase clé du lancement de FabZat est notre levée de fonds, réalisée avec Xavier Niel.

D33D : Nous sommes deux associés, Bastien Dupuy et « Ludo », et nous travaillons étroitement avec certains professeurs de l’IUT Technologique Bordeaux 1, ainsi qu’avec le Fablab, un club de fabrication à partir d’imprimantes 3D ouvert au public.

C.E. : Quelles sont vos cibles ? Quels types de produits imprimez-vous grâce à vos imprimantes 3D ?

FabZat : Nous fabriquons des figurines personnalisées en 3D et des objets pré-produits en quelques clics. L’accès à la boutique se fait directement depuis le jeu en question. Nos clients directs sont les éditeurs de jeux et, nos clients indirects… tout le monde ! Imaginez aujourd’hui le joueur moyen est une joueuse d’une trentaine d’années, soit une population qui n’a rien avoir avec celle qui jouait il y a vingt ans.

Les causes de cette féminisation du secteur du jeu sont notamment dues aux entreprises comme Nintendo, Apple et à  l’émergence des iPhones.

imprimante 3D

D33D : Nous fabriquons des pièces mécaniques diverses et des imprimantes 3D, nous réalisons aussi du prototypage rapide des objets selon une demande précise. Enfin nous proposons également une offre de consulting. Notre logique n’est pas d’étudier pendant six mois la conception d’un modèle sur l’ordinateur, on fait la pièce et on l’essaie, ça revient donc à une validation par le test.

C.E. : Comment est-ce que vous procédez ?

D33D : 90% du temps en trois phases : on fabrique un premier prototype qui valide la forme, le second sert à affiner les côtes et la troisième c’est la bonne, celle qui est prête à être fabriquée en série !

imprimante 3D

C.E. : Quelles sont, selon vous, les possibilités futures des imprimantes 3D ? Pour le secteur événementiel ?

« Les possibilités de l’impression 3D sont infinies »

FabZat : Cela dépend du secteur mais les possibilités de l’impression 3D sont infinies. Pour l’événementiel, on peut imaginer une distribution de goodies pour tous les participants ou alors créer des objets personnalisés pour chaque membre. Grâce à l’une de nos imprimantes, il est possible d’imprimer jusqu’à 200 objets différents ! Sinon, on peut imaginer utiliser une petite imprimante 3D portable, ça attire l’œil et les participants peuvent assister à l’impression de leurs objets. En revanche, si vous voulez que l’impression de vos objets soit rapide, il faut optimiser la production et bien réfléchir en amont à toutes les facettes de la conception du produit. Les imprimantes 3D sont de vrais aimants !

« Pour amortir les imprimantes 3D, il faut faire des produits en série »

D33D : On peut imaginer que l’impression 3D sera grandement utile pour le secteur médical. Comme on a pu découvrir il n’y a pas longtemps, la conception d’une prothèse imprimée en 3D peut venir en aide aux personnes amputées des membres. Sinon, de l’outillage divers (comme des pignons pour des machines), il faut seulement quarante minutes pour en réaliser.  Mais pour amortir les imprimantes 3D, il faut faire des produits en série !

Si D33D prône l’impression 3D c’est en particulier parce que la production d’un produit est rapide, revient moins cher que d’importer ses pièces de l’autre bout du monde et est évidemment bien plus cool !

D33D : Pour le secteur événementiel, l’idée est de se déplacer sur des salons, d’apprendre aux participants à créer en 3D et de leur faire découvrir les machines.

imprimante 3D

C.E. : Vous ne pensez pas que cet engouement autour des imprimantes 3D va s’essouffler ? 

FabZat : Evidemment, mais cela dépend de ce que vous proposez et donc de vos cibles. Le grand public, non habitué de l’univers technologique, sera davantage impressionné par l’impression 3D qu’un gamer.

D33D : Si on pense goodies, il y aura toujours des nouveaux utilisateurs qui voudront la nouvelle figurine, un peu façon magazine « Hachette ». Après, pour ce qui est des imprimantes 3D grand public, le débat est controversé. Par exemple, HP a annoncé lancer sur le marché une imprimante 3D grand public mais sa qualité sera forcément moindre qu’une imprimante professionnelle. En plus, avec l’obsolescence programmée, attendez-vous à jeter votre machine au bout de cinq ans, si vous avez de la chance. En général, les produits du secteur technologique voient leur qualité baisser quand ils se démocratisent.

D33D estime la durée de vie de ses imprimantes 3D à huit ans et plus, avec de l’entretien.

Les Start Up FabZat et D33D se sont donc prêtées au jeu des questions/réponses en nous fournissant des informations riches et pertinentes sur les imprimantes 3D. Bien que ces deux entreprises ne proposent pas les mêmes produits et services, elles finissent sur un avis commun : l’arrivée des imprimantes 3D chez les particuliers n’est pas le cheminement le plus pertinent qui soit pour créer des produits. Pour pouvoir réaliser des pièces, il faut déjà savoir dessiner en 3D. Les gamers ont cette vision mais ce n’est pas donné à tout le monde. Il existe néanmoins des sites sur lesquels il est possible de télécharger des plans, qui sont ensuite imprimables par ceux équipés d’imprimantes 3D. Notons quand même que l’impression 3D grand public n’est possible que pour des pièces simples.

Si vous pensez événementiel, retenez pour le moment que «Les imprimantes 3D sont de vrais aimants » !

Ci-dessous, Florent Pitoun CEO de FabZat et ses goodies imprimés en 3D pour la FrenchTech de Bordeaux

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